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Pr S K Sobhee : « Ceux qui ont des revenus élevés ont plus de dettes »

Professeur Sanjeev Kumar Sobhee : « Ceux qui ont des revenus élevés ont plus de dettes »

Récente publication : Bad Habits Die Hard; An Investigation into the Economic and Social Consequences of Alcohol Abuse in Mauritius

Sanjeev Kumar Sobhee, Professeur en Applied Economics and Development Studies, parle des recherches entreprises par son département et aborde les questions de surendettement  des ménages et des fléaux sociaux.

Avec vos collègues, quels types de recherches effectuez-vous au sein de l’Université de Maurice ?
Plusieurs thèmes sont traités par notre département (Economie et statistiques) pour cerner divers aspects de notre économie, comme l’emploi, les finances, l’environnement, la pauvreté, les problèmes socioéconomiques, entre autres. De nombreux instruments sont utilisés pour mesurer l’importance et l’impact sur la société et l’économie, comme les analyses économétriques et les sondages. La nature de la recherche entreprise dépend du projet en question, et on travaille souvent en collaboration avec des firmes du secteur privé, l’État ainsi que des ONG. J’ai aussi personnellement fait de la consultance pour des entités mondialement reconnues comme la Banque mondiale, l’United Nations Development Programme, la Southern African Development Community (SADC) et autres, sur divers projets.

Doit-on s’inquiéter du taux d’endettement des ménages à Maurice ?
Dans un récent rapport nous avons établi que 83 % des ménages sondés sont surendettées. De plus, 15 % d’entre eux ont des dettes de Rs 100,000 à Rs 200,000 tandis que 8,6% se retrouvent avec des dettes dans la fourchette de Rs 750,001 à Rs 1 million. L’argent emprunté est utilisé à divers fins, comme pour se payer des vacances, des produits de consommation, des véhicules et même pour investir dans des firmes et des biens immobiliers.

Environ 92 % des employés ont des dettes tandis que 72 % des employeurs sont endettés. Un constat intéressant qu’on a pu faire est que ceux avec un revenu élevé ont tendance à avoir un fort taux d’endettement. Il faut impérativement éduquer les ménages sur la façon de gérer leurs finances, mais il faut aussi mettre plus d’accent sur le logement social afin d’alléger leurs contraintes financières.

Quel est votre constat en ce qui concerne l’abus d’alcool à Maurice ?
L’abus d’alcool demeure toujours un fléau avec des répercussions socioéconomiques désastreuses, que ce soit dans la sphère familiale, financière ou même sociale. La majorité des alcooliques de Maurice se situe dans la tranche d’âge de 36 à 40 ans, selon une étude que nous avons réalisée.

Ce qui est surprenant, c’est que 42 % des répondants ont un faible niveau d’éducation, limité seulement à l’éducation primaire. 25 % de ceux interrogés ont pu se passer de l’alcool pendant environ un mois, mais, il y a un manque de suivi après la période de désintoxication. Ce sont ces types d’informations qui peuvent aider à mieux définir la politique du gouvernement ou même aider les ONG à mieux s’organiser pour combattre l’abus d’alcool.

En ce qui concerne le changement climatique, nos communautés côtières sont-elles à risque ?
Les phénomènes climatiques extrêmes comme les cyclones et la sècheresse peuvent avoir des répercussions adverses sévères sur ceux qui longent les côtes de Maurice. Effectivement, environ 45,1% de ceux sondés affirment que leur mobilité est affectée durant des climats extrêmes en raison des routes endommagées, les inondations et par manque de transport.

Un quart de ceux interrogés s’adonnent à la culture de légumes à des fins commerciales, et 80 % d’entre eux indiquent que leur commerce est grandement à risque en cas de conditions climatiques extrêmes. Ainsi, on recommande que plusieurs solutions soient envisagées comme la récolte de l’eau de pluie, un plan assurance en cas de conditions climatiques extrêmes et la relocalisation des foyers qui sont à risque.

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